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Ce n'est pas un secret, les thèmes du rap français se ressemblent souvent. Le désarroi, l'injustice, la violence, la France, la rue, la musique... Youssoupha, 25 an, en a fait un morceau : ETERNEL RECOMMENCEMENT.

Sur une boucle de piano de six minutes, sans refrains, Youssoupha donne son point de vue. Avec un flow limpide et des phases efficaces, ce MC proche du Ménage A3, : pratiquement un sujet différent toutes les deux mesures Napoléon, le 11 septembre, Ophélie Winter, les présidents africains corrompus, l'Erika... "J'ai suivi mon inspiration, je ne me suis pas fixé de règles". explique-t-il pour ce titre écrit "seul, en vacances au bord de la plage, dans l'avion, le RER... " et en un mois. Ainsi, le titre et le concept n'ont été trouvés qu'à la fin parce que je me suis dit que je n'avais pas parlé de trucs originaux". Finalement, comment résumer ce titre épique déjà considéré par certains comme un futur classique ? "Le rap, c'est de la musique pour un éveil communautaire. On peut amuser notre communauté mais on peut aussi l'éduquer avec du rap. " Un programme ambitieux. On attend l'album.
# Posté le lundi 21 novembre 2005 10:03
Modifié le samedi 23 juin 2007 09:32

Open Mic-Novembre

Open Mic-Novembre
LE BRUIT ET L'HORREUR

Les auteurs aiment dire que l'Enfer c'est les autres. Rectification. "L'Enfer c'est de survivre chez les autres". C'est ce que m'a dit un ami sans-papiers devant un car de C.R.S, un samedi après-midi à Chàteau Rouge. Ce jour-là, je n'avais pas saisi toute la portée de ses paroles. Le 25 août dernier, un incendie se déclare dans un bàtiment insalubre du 20 boulevard Vincent Auriol dans le XIII` arrondissement de Paris. 17 personnes, dont 14 enfants, tous d'origine africaine, sont tuées. Le 29 août à 22h00, un autre incendie fait 7 morts dont 4 enfants dans un immeuble vétuste du III` arrondissement squatté par des familles africaines.
L'odeur de la mort, le bruit des hurlements. Un tapage nocturne qui précède un tapage médiatique. La France apprend que sur son sol, les conditions de vie des immigrés sont dramatiques. Il y a quelques années, moi, j'ai appris ce qu'un chef d'État français pouvait penser d'une famille malienne : j'en ai encore mal. Vous devez savoir, monsieur le président, que dans votre pays ceux qui vivent dans le bruit souffrent en silence, meurent en silence.
Je suis arrivé en France il y a seize ans. J'ai eu le temps de voir qu'ici, les Africains n'ont pas le mal du pays. Ils ont le pire du pays. Quand j'évoque la Négritude, c'est pour mettre en lumière les espoirs, les rèves, les obstacles, les dérives qui accompagnent la communauté noire dans un contexte occidental difficile voire hostile. La douleur est profonde. Facile à dire ? Non, difficile à taire.
Que je me rassure. Les rescapés des incendies seront relogés. Et on me dit que demain tout ira bien. Bien sûr que demain tout ira bien. Puisque l'égalité et la fraternité sont des devises suprêmes au pays des Droits de l'Homme riche. Puisque la formule "Black, Blanc, Beur" sonne si bien quand elle est aboyée par les chroniqueurs sportifs les soirs de victoire au Stade de France.
Puisque dans les urnes, 20 % de mes compatriotes plébiscitent "par accident" un borgne convaincu par l'infériorité de ma race. Puisque les politiques et les éditorialistes de tous bords manipulent les chiffres de l'immigration en ignorant tout de la vie d'un immigré. Puisqu'il faut croire que l'intégration est notre salut absolu, même si elle passe le plus souvent par le renoncement à notre identité, à notre culture, à nos traditions.
Puisque ce même principe d'intégration nous donne droit aux logements délabrés, au travail précaire, à la scolarité de seconde zone, à la justice à deux vitesses.

C'est ça, demain tout ira bien.
# Posté le lundi 21 novembre 2005 10:05
Modifié le samedi 23 juin 2007 08:49

Eternel recommencement





























Eternel recommencement

Les lyrics:


Ok, j'ai beau brailler sur des dizaines de mesures,
j'peux rien t'dire d'original qu'un autre rappeur t'est jamais dit,
parce que finalement nos plaintes sont les même,
on décrit la même réalité, on dénonce les même problèmes
titre après titre album après album,
au point qu'j'ai l'sentiment que tout ça n'est qu'un éternel recommencement.

C'est pas un genre de gimmick où je m'esclaffe
Là je m'exclame sans timinik
alors cesse tes mimiques je suis pas ton esclave
Moi j'exclame sur beat crasseux comme l'Erika
trop lyrical pour 1 minute de silence quand dieu bless America
Delicats sont mes vers trempés dans la poisse,
j'ai la trempe des poids lourds, le poid des mots qui ont la gouache
Le coeur à gauche comme mon bras, celui qui braque la feuille blanche
J'évite les cobras, les Dony Brasco qui m'branche
Rien qu'je bronche sur le fiasco,
on fait confiance qu'au trafic qui nous finance et pas aux filles qu'on fiance
Comédie humaine, rien d'inedit dans mes échos,man?
Toujours la même déco où dieu et l'diable finissent ex-aequo
J'm'execute même quand l'cable est exigu
Ma zic en exile zigzag entre les basses et les aigus
J'mélange mes fantasmes et mes peines
comme dans c'rêve où ma semence de nègre fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen
J'deale ma rime en peine et pas d'farine pour les narines en pelle
On m'fait la guerre alors qu'j'arrive en paix
J'veux pas qu'on m'empêche d'interpréter
ou prêter ma voix à tout ceux qui sont prêt à tout peter,
tout prêt du bonheur j'ai tant d'mal à l'saisir,
dans ma frénésie l'rap mon anesthésie en dose de 16 mesures
Si j'cause de ciel azur ou d'un monde peace
c'est une injure aux tibétains, aux palestiniens et à leurs supplices
Les yeux s'plissent mais y'a pas d'paroles complaisantes,
tu crois qu'on plaisante dans les récits qu'on présente ?
J'représente l'intense brailleur,
moi j'men bat d'la France d'en bas j'représente la France d'ailleurs
Ici on die sans suicide à la Dalida
car d'après eux dans les quartiers y'a qu'des caïds et des Al-Quaeda
Ma ra-caille d'abord
puis les tripes Hip-Hop à tribord et j'combat Babylone à bâbord
Aux abords c'est l'bordel,
quand la horde sème le désordre et met la police hors d'elle
C'est un rap mortel Hip-Hop - Blues,
c'est ma cassette qu'on rembobine car elle met d'l'hémoglobine sur la blouse
Entre le bitume et la brousse faut que j'prouve
comme à la russe-roulette j'ai que mes boules et pas d'bullet proof
Youssoupha ça sonne trop cainfri pour mes fafs
et la negritude en France voilà un sujet qui fache
Etre black c'est 1 don et pas un délit,
ni un délire pour être côté dans l'RNB ma p'tite Ophelie
J'veux pas que les fêlés m'félicitent,
ce qui m'plait c'est faire des couplets que la plèbe plebiscite
Avec l'illicite on flirte,
aubaine pour ceux qui baignent dans la musique qui heurte à la Curt Cobain
Meurtre au Bang-Bang déguisé en bavure,
car en garde à vue on canne les peaux d'ébène-bene, t'as vu
Ta vie c'est pas l'bitume et les rates,
vu les tunes que tu rates en croyant faire fortune en faisant du rap
Rester durable c'est primordial,
mais j'voudrais être prime jusqu'à la mort car j'ai la dalle à un niveau mondial
Oh mon dieu mon sort serait jeté,
car si l'amour est aveugle la haine elle m'a toujours zyeutée
Jeune rejeté, l'état met nos vies entre parenthèse,
quand ça part en couille on dit que c'est parce que nos parents s'taisent
C'est par hantise, par peur du lendemain que mes gens tisent
Rien d'gentil y'a qu'du méchant dans ce que mes gens disent
Le monde n'est qu'une marchandise pour l'occident
qui fait son biz sur la gourmandise et les vices de nos présidents
Eux nous trahissent et deviennent des pompes à fric,
j'ai plus d'amour pour l'shetan que pour certains chefs d'état d'Afrique
J'fais pas d'détails c'est pourquoi que mon rap est stricte
On vit comme du bétail c'est pourquoi mon rap est street
Dans mon script j'ai plus l'temps pour les sentiments,
J'suis tellement dos au mur que ma colonne vertébrale est en ciment
Intensément j'parle vrai pour faire simple,
Pas comme ces fous qui faignent la foi en dieu pour faire leurs guerres saintes
Sur les grandes enceintes j'décris un monde infame
car si j'ai peur des flammes j'mettrais pas ma femme enceinte
Laisser une emprunte, faire de mon mieux pour qu'il n'y ai pas d'drame
Car aucun d'nous n'a l'oral d'Abraham
Rien qu'on blâme quand j'bla-blâtte on m'blâme,
Quand je clame on m'blâme et mon âme on veut la brader
Tu sais qu'les bavards bavent sur mon blaze,
Blaguent sur mon blaze et à la base j'en suis blazé
Je sais qu'ça va jaser que ça va jacter
Et gazer sans tacter et assez décontracter
Rares sont les contrats, nombreuses sont les contraintes
Mais nous on a pariés sur notre musique à dix milles contre 1
Viens dans nos contrées avant de dénigrer
Comme Sarkozy ce fils de Polonais qui n'aime pas les immigrés
Pour l'avenir j'suis pas confiant
Depuis le 21 avril je sais que les Français sont des racistes conscients
Quand tombe le résultat hardcore tout le monde hurle,
Mais l'accident électoral est bien sortit des urnes, non ?
Parfois j'rap avec mes burnes, parfois j'rap avec ma tête
Mais quand j'rap avec mon coeur ça s'ressent sur mes maquettes
J'suis pas une vedette à maquer le maquis m'a marqué,
J'prend l'mic pour t'estomaquer
Tu m'test au mic et si tu gagnes
C'est la preuve que t'aura appliquer notre art avec la hargne
Le savoir est une arme, maintenant je sais,
Et si je verse une larme c'est parce que maintenant je saigne
C'qu'on nous enseigne me sidère,
Car on oublie de nous dire que Napoléon était raciste et sanguinaire
Depuis des millénaires ont dit qu'le progres nous libère
Du divin jusqu'à s'coire maître de l'univers
Mais c'est fou comme les principes d'un homme s'évanouissent
et que sa foi s'évade face au pouvoir que la Femme à entre ses cuisses
Quand j'use mon QI pour penser au cul,
j'accumule mes lacunes et perd mon temps à en compenser aucune
MC de mauvais augure, j'aimerais écrire sur les belles blondes,
mais putain j'viens du tiers-monde !
Je fais des chansons entières sur notre histoire
soit le monde vu par les yeux d'un bledard devenu banlieusard
Pas d'la poesie pour les beaux-arts,
devant leurs beaux yeux un morceau d'OXMO ne vaut pas Mozart
Le rap est en osmose avec son époque,
le message qu'il porte dérange les porcs qui lui ferment la porte
Sur une portée d'piano j'viens m'étendre
pour ceux qui pensent que le monde est gore seulement depuis le 11 septembre
Sinistre a bien compris c'est quoi l'rap,
faire d'la musique pour un éveil communautaire pour moi c'est ça l'rap
On chante notre sale rage depuis le commencement
mais comme les problèmes sont les même c'est un éternel recommencement...

Ok, j'ai beau brailler sur des dizaines de mesures, j'peux rien t'dire d'original qu'un autre rappeur t'est jamais dit, parce que finalement nos plaintes sont les même, on décrit la même réalité, on dénonce les même problèmes titre après tire album après album, au point qu'j'ai l'sentiment que tout ça n'est qu'un éternel recommencement.
# Posté le lundi 21 novembre 2005 11:12
Modifié le samedi 03 janvier 2009 09:35

Anti-Venus

Cette chanson a fait couler beaucoup d'encre!
Il y avait des rumeurs selon lesquelles Anti-Venus serait une réponse à Diam's, mais youssoupha a démentit " Anti-Venus n'est qu'un remix au masculin de la chanson de Diam's et elle n'est pas ma meuf!"

Video avec Diam's : ICI


















Voici les paroles:

J'ai le sang qui bout, le c½ur qui boum, j'ai le sang qui bouge, t'es sortis d'où toi et ton beau boul ?
Y'avait des signes et ça ne trompe pas, rare de nos jours de trouver une femme qui ne trompe pas.
T'étais si bonne que j'en ai perdu la vue, j'en ai eu des embrouilles avec les mecs de ta rue.
T'as donné de l'amour à mon rap, ça m'a fait drôle, même coincé dans mon hall j'ai retrouvé le moral.
Rentrer dans ta vie devenait une évidence, dans tes confidences tu m'a ouvert ton corps pour que j'y danse.
T'étais si belle, t'avais tout c'que j'aime mais beaucoup d'ce-vi aussi et c'est tout c'qui m'gène.
Quand j'y repense tes bisous n'avaient pas d'sens, et seuls tes bijoux ici me rappellent ta présence.
T'es sortis d'où toi et ton sourire ? Ta mine aguicheuse, allumeuse qui inspire mes soupirs.
Pour toi coucher n'est qu'un langage touché par ta langue, tes talents, petit à petit je m'engage.
Sur la longueur tes « je t'aime » m'y invitent, j'ai voulu croire en ta candeur mais le charme est tombé bien vite... PETASSE.
J'ai le sang qui bout, le c½ur qui boum, cet amour est trop tabou, t'es sortis d'où toi et ton gros boul ?
J'voulais t'guer-dra mais j'en ai perdu la voix, faut dire que ta légèreté n'était pas très dure à voir.
J't'affirmais qu'on était fait pour un conte de fée sans fin, pour fonder un foyer, une famille et faire des enfants enfin.
Tu disais qu'tes mauvaises envies sont éteintes, et qu'tu changerais de vie si jamais tu tombais enceinte.
J'te parlais fidélité et mariage, et j't'ai pas démasqué dès l'démarrage.
Ainsi j't'ai donné mon c½ur, ma caille, et dans mon camp t'as baisé sans ranc½ur avec ce con pour un sac longchamp.
T'as foutu en l'air nos proches fiançailles, tu m'a poussé jusqu'au meurtre de cette minable racaille.
T'avais l'power dans ta chatte hein ? Tu voulais tout avoir par intérêt quitte à faire ta catin ? En baisant avec lui tu m'as baisé aussi.
Tu disais que j'te fascine, t'étais pas une fille facile.
Tu m'as offert une si mauvaise chute, aujourd'hui j'en ai acquis la certitude tu n'es qu'une vraie pute.
Attention à cette silhouette envoûtante.
On croit voir passer un ange, mais c'est l'enfer qui vous tente...youssoupha.
# Posté le lundi 21 novembre 2005 11:29
Modifié le jeudi 01 novembre 2007 20:18

Anti-Venus

Anti-Venus
# Posté le lundi 21 novembre 2005 11:30
Modifié le samedi 23 juin 2007 04:44